Programme du vendredi après-midi 8 novembre 2019

Manger en santé

Notre façon de manger est influencée par de nombreux facteurs. Manger est aussi un puissant moyen de communiquer et d’échanger au sein de la famille et de la société en général. Comment ces éléments s’articulent-ils ? Comment le cerveau gère-t-il notre comportement alimentaire ? Les bactéries qui habitent nos intestins ont-elles un rôle à jouer ? Ces informations seront confrontées à l’expérience de professionnels en alimentation santé et à celle du public au sein d’un débat : que vous veniez pour vous informer, poser les questions qui vous brûlent les lèvres ou pour exposer votre expérience, cette session est faite pour vous. Venez nombreux !

14h00 | Quand le manger sain devient une obsession

Régis Hankard | Professeur de Pédiatrie, CHU Tours
Jean-Pierre Corbeau | Professeur émérite de Sociologie de l’Alimentation, université de Tours
Depuis la nuit des temps, les hommes sont persuadés que l’incorporation de nourriture risque de modifier, de façon parfois fatale, leur paraître, leur vitalité ; de souiller leur esprit par une consommation « impure ». La famine diminue ce rapport réflexif aux aliments, mais avec l’abondance de l’offre, la cacophonie des discours cherchant à structurer nos choix alimentaires et leurs conséquences, manger « sain » peut devenir une obsession.

14h30 | Nourrir ses microbes

Patrice Debré | Immunologiste à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, Professeur de Médecine à Sorbonne université, membre titulaire de l’Académie Nationale de Médecine, Président de l’AFAS
Il y a 100 milliards de bactéries dans 1g. de selles, autant de cellules que celles qui constituent notre cerveau. Entre la bouche et l’anus, sur une surface considérable de près de 400 m², plusieurs centaines de milliards de bactéries cohabitent, sans compter les virus et les champignons. Les microbes qui habitent l’homme sont ainsi dix fois plus nombreux que les cellules humaines.
Ces bactéries sont indispensables pour la digestion de l’amidon et des fibres alimentaires. Elles ont également un rôle majeur dans le développement du système immunitaire et sa lutte contre les microbes pathogènes. Mais le dysfonctionnement du microbiote est relié à de nombreuses maladies dont l’obésité, certains cancers, des maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, et des maladies neuropsychiatriques comme l’autisme. Bien se nourrir c’est aussi nourrir ces microbes et éviter qu’ils ne nous rendent malades.

15h00 | Alimentation et plaisir : une plongée dans le cerveau pour mieux comprendre nos comportements alimentaires

David Val-laillet | Directeur de Recherche, Institut NuMeCan, Inra, Inserm, université de Rennes
Notre cerveau sait nous dire quand nous avons faim ou soif pour réguler nos besoins en eau, nutriments et énergie. C’est l’homéostasie, la recherche de l’équilibre énergétique et métabolique. Mais au-delà de cette fonction indispensable à la survie, il y a la recherche du plaisir. Et c’est là que les choses se compliquent. Comment notre cerveau fait-il la part des choses entre homéostasie et plaisir ? Quelles structures cérébrales gouvernent ces fonctions et quand commencent-elles à entrer en compétition ? Vous découvrirez pourquoi certains aliments dits « palatables », nous procurent plus de plaisir que d’autres, et comment la recherche de ces aliments ou de ces boissons nous est dictée par des mécanismes complexes au plus profond de notre cerveau.

15h30 | Pause

15h45 | Débat avec le public (75 min)

Les conférenciers avec :
Julie Capelle | Cadre Diététique, CH Blois

Paul Brunault | Psychiatre et addictologue, MCU-PH, CHU de Tours

Eric Guérif | Responsable de production, CHU Tours